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Parole d'enfant devenu adulte

Estime de soi chez nos enfants et ados : comment la cultiver ?

By 5 juillet 2017 One Comment

Il y a encore quelques mois j’aurai abandonné l’idée de Balasana : « qui suis-je pour me lancer dans un concept de cet ambition ? Il y aura bien un moment où je vais me retrouver à soutenir Balasana en prenant la parole en public….C’est bien trop pour moi. » Il y a 3 ans, j’ai ainsi laissé de côté un premier projet entrepreunarial. La faute à qui, à quoi ? La fameuse estime de soi !

Pas simple de s’attaquer à cette question ! À travers mon histoire personnelle ponctuée d’apport de psychologues, je tente à travers cet article de vous livrer quelques clés de compréhension : ce qui nourrit l’estime de soi chez l’enfant, son importance et ce qui la détruit.

L’estime de soi, kezako ?

On confond souvent l’estime de soi avec la confiance en soi, moi la première. Alors je préfère faire une petite parenthèse pour nous aider à faire la distinction. J’aime assez la définition de Karène Larocque, psychologue ;

  • l’estime de soi représente combien je me considère valable, « je (ne) me sens (pas) très important », « je (ne) m’aime (pas) beaucoup ».
  • La confiance en soi représente quant à elle combien je me considère capable ; « je (ne) suis (pas) capable de… », « j’ai trop peur d’essayer ».

En bref, c’est se faire confiance, s’aimer et ne pas se dévaloriser. Bonne (ou mauvaise) nouvelle, l’estime de soi est mouvante, elle évolue sans cesse vers le haut comme vers le bas. En tant que parent, on se doit donc de la nourrir dès le plus jeune âge même si toutefois l’enfant en prend conscience à priori autour de l’âge de 8 ans.

Michelle Larivey nous rappelle l’importance de l’estime de soi pour nos enfants:

Le développement du potentiel de l’enfant

L’enfant qui s’estime aura tendance à mettre ses aspirations de l’avant, définir et développer ses traits de caractère, faire des choix. S’il se retrouve devant un problème ou un défi, il fonce avec confiance.
Au contraire, l’enfant dont l’estime est faible renonce facilement à repousser ses limites, il a des difficultés à s’engager. Plus tard, il contiendra ses aspirations, ses rêves parce qu’il aura l’impression de ne pas le mériter par préoccupation du regard des autres.

L'attrait pour les autres

Intuitivement l’enfant cherche la compagnie de ses camarades dont l’estime de soi est comparable à la sienne. Entre sept et douze ans, les amis sont aussi influents que les parents et à l'adolescence les amis sont plus influents que les parents. On comprend alors l’influence des amis sur l’estime de soi.
Si l’estime de soi est élevée, la relation est stimulante, elle pousse l’enfant à aller plus loin. Et à l’inverse, elle peut tirer notre enfant « vers le bas ».

Gage de réussite

Sur ce point, chacun met ce qu’il souhaite derrière le mot réussite. L’estime de soi aide à faire preuve de ténacité et de persévérance. Des attitudes positives qui nous mènent souvent à une victoire, un dépassement de soi…des réalisations qui viennent à leur tour alimenter à la fois confiance et estime de soi.

Et pour vous donner un exemple concret d’estime de soi, quoi de tel que de vous parler de ma propre expérience…

Ces étiquettes qui détruisent l’estime de soi

Une étiquette me colle à la peau depuis l’enfance.

Par étiquette, j’entends ce qualificatif que notre famille, notre entourage, nos enseignants nous collent étant petit et qui nous poursuit, voire nous conditionne parfois jusqu’à l’âge adulte. Je précise qu’il n’est bien évidemment pas question de reproche mais cet exemple est là pour nous aider à ne pas reproduire le même schéma inconsciemment avec nos chérubins.

Mon étiquette, ou plutôt mes étiquettes : timide et réservée.

Lorsque avec mes parents nous allions dîner chez leurs amis, et vice versa, je me souviens qu’on disait de moi « elle est un peu timide », « elle fait sa timide » ou encore « ne fait pas ta timide comme ça ». A croire que la timidité devait devenir mon leitmotiv.

C’est une des erreurs les plus couramment faites dans les relations avec l’enfant : confondre l’enfant avec son comportement. Cela aurait très bien pu être « tu es maladroite », « tu es pot de colle », ou encore « que tu es agitée »…

Comme vous pouvez le remarquer ci-dessus, ou peut-être en repensant à une situation avec votre enfant, on a tendance à utiliser ces qualificatifs avec le temps présent, comme un temps d’habitude : « tu es timide » devient donc pour moi un trait de caractère intemporel.

Après tout, à force de nous répéter que l’on est ceci ou cela, on s’y accroche à notre « premier rôle ».

Cette étiquette qui devient rassurante : l’effet pervers

Confondre l’enfant avec son comportement revient à l’enfermer dans un cadre, dans un rôle.

Au début lorsque j’entendais « tu es timide», je me sentais dévalorisé auprès de ces gens qui n’avaient même pas encore eu l’occasion d’entendre ma voix. Mais à force de l’entendre, même si je continuais à me sentir dévalorisée, j’ai aussi appris à adopter ce qualificatif comme une habitude rassurante et surtout une bonne excuse pour ne pas mener à bien des envies de théâtre, des activités… Ma zone de confort est là : je suis timide, alors il ne faut pas que je cherche à m’exposer au regard des autres en prenant la parole. Sacré coup à l’estime de soi.

Résultat : arrivée à l’école, même mes bons résultats scolaires se voyaient toujours ponctués d’un sacro saint commentaire « ne participe pas assez à l’oral » de la part de mes professeurs. Il faut dire que le cours de musique du samedi matin me donnait la nausée, les insomnies devenaient mes amies dès le mercredi soir. Les exposés au lycée ? Encore une punition des plus sévères pour l’ado « réservée » que j’étais !

Fort heureusement, il y a un moment, arrivée à l’âge adulte et surtout dans sa vie professionnelle, on prend conscience que c’est quand même un gros handicap et qu’il va falloir la travailler au corps cette peur de la prise de parole en public et donc l’estime de soi.

Bonne nouvelle, peu importe le niveau de confiance ou d’estime, il est possible de les développer, et ce, à tout âge….

Cultiver l’estime de soi chez son enfant

J’ai sélectionné à travers mes lectures quelques idées d’activité et petites règles qui vous aideront à cultiver l’estime de soi chez votre enfant ou votre adolescent.

Toutefois, on ne va pas se le cacher, vous êtes son exemple. Un travail personnel est la base pour ajuster notre comportement et ainsi ne pas reproduire le même schéma si nous souffrons d’une faible estime pour nous-même.
De ce côté, la sophrologie m’aide à me libérer de mes pensées limitantes et à développer mon estime. Je vous en ferai un billet à part entière.

Objectif : estime de soi

Activités

Le plus important est de montrer à votre enfant que vous l’aimez et l’acceptez.

  • Donnez-lui beaucoup de câlins et d’affection et parlez lui toujours de façon positive.
  • Lorsque vous passez du temps avec lui, faites le pleinement, même s’il s’agit d’un quart d’heure. Coupez le portable, les réseaux sociaux.
    Soyez ici et maintenant dans votre jeu, dans votre lecture, dans votre massage de bébé, dans votre discussion avec votre ado.
  • Oubliez la perfection et dites souvent des phrases telles que « Je t’aime comme tu es », soulignez leurs qualités.

Accompagnez votre enfant dans sa découverte de l’autonomie.

  • Demandez lui de vous citer une chose qu’il fait particulièrement bien et quels sont ses stratégies pour y parvenir.
  • Imaginez des défis avec des objectifs réalistes pour qu’il parte gagnant. Et bien sur on le félicite pour ses réalisations mais avec des compliments crédibles et mesurés.
  • Confiez lui des petites responsabilités du quotidien de la maison. Votre enfant se sentira valorisé.

Faites attention à votre façon de lui faire part de vos sentiments : un exercice de visualisation de Jacques Salomé est très utile pour distinguer votre enfant de son comportement.

  • Symbolisez l’enfant par un objet, un petit personnage par exemple et placer un autre personnage dos à lui, qui le cache et qui cette fois symbolise son comportement.
  • En symbolisant le comportement par un objet, on va le visualiser et émettre un commentaire sur l’action et ainsi éviter de ne voir que l’enfant.

Cela donne par exemple :
« Tu viens de trébucher » et non « Tu es maladroit »
« Tu viens de dire un mot qui est interdit. Je ne veux pas que tu le redises » et non « Tu es grossier ou malpoli »
« L’information que tu me donnes est inexacte » et non « Tu es un menteur »

Demandez à l’enfant
d’expliquer qui il est.

Pour les plus petits, on peut utiliser le dessin, puis plus tard l’écriture pour exprimer le portrait de moi, ma famille, mon école, mes amis, ce que j’aime…

Prenez le temps de partager ensuite ce que votre enfant a exprimé.

Encore mieux : jouez le jeu vous aussi !

Les sources qui m’inspirent pour cet article :

Sites :

Livres :

  • Pour les parents : « L’estime de soi, un passeport pour la vie », Germain Duclos, Éditions de l’hôpital Sainte-Justine, 2004, 241 pages
  • Pour les enfants : « Contes pour grandir de l’intérieur », Jacques Salomé, Albin Michel Jeunesse, 48 pages
  • Pour les adolescents : « La confiance en soi, ça se cultive », Marie-Josée Auderset, Éditions de La Martinière jeunesse, coll. «Oxygène », 2007, 107 pages

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